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Clique ici pour la musique d'ambianceOu iciDéveloppement toujours en coursRoleplay [ON] !Samedi 12 octobre - 26 octobre 1957Partenariat ouvert
A savoir
#Le forum ouvre ses portes et le Staff termine le développement ! Bon jeu à tous !
#Merci à N-U pour l'aide apportée à l'esthétique du forum.
#Membres du Staff : Isaac, Lloyd
Contexte
Arkham.
Une ville mystérieuse s'il en est.
En tout cas c'est ce que vous diront nombre d'habitants du Massachusetts qui évitent la ville et ses alentours.
Cela vient peut-être du fait que les deux institutions les plus renommées de la ville soient son asile psychiatrique et l'Université Miskatonic, dont la réputation s'est faite sur la singularité des cursus d'études proposés, comme par exemple l'étude de l'influence des sciences occultes sur le monde.
Mais si vous demandez à un habitant, il vous répondra qu'Arkham est des plus normales, et que les racontards à l'origine des rumeurs qui ternissent son image ne sont que de simples jaloux.
Enfin, c'est-ce qu'ils auraient dit jusqu'à il y a quelques jours. En effet, depuis le lancement de la mission Spoutnik 1 le 4 octobre 1957, une étrange atmosphère règne sur la ville, mais pas seulement.
Vous vous réveillez en sueur, paniqué, durant la nuit du 12 octobre 1957, votre paisible sommeil interrompu par un terrible cauchemar.
Cependant, ce dernier n'était pas comme les autres, tout semblait si réel alors qu'il y avait créatures ailées, monstres sous-marin et démons venus d'outre-monde. Mais le plus terrifiant restait cette voix d'origine inconnue, qui résonnait et résonne encore dans votre tête, elle parlait de destin funeste aux sources incompréhensibles et de magie noire. Elle murmurait, chuchotait et susurrait à votre oreille avec un ton si malsain que chaque mot provoquait inquiétude et dégoût. Les paroles abstruses mettaient en évidence quelque chose bien en particulier, un signe, un don, une marque à la couleur de l'ambre et qui, de part son illumination dorée, était capable de vous donner des pouvoirs surnaturels et de changer le monde.
A votre réveil, vous espérez que tout cela n'était que pure imagination, mais la marque constituée de trois branches distinctes était bien là, sur votre corps. Comment ? Pourquoi ? Vous ne savez pas. Mais une chose est sûre, c'est que dans Fièvre Jaune, les mystères et danger de la ville créée par Lovecraft se dresseront sur votre route.
Êtes-vous prêts à vous plonger dans la sombre Arkham de 1957 ?
Evénements
24/10/1957 Cauchemar collectif.
Evénement intermédiaire, inscriptions jusqu'au 09/06/2016 à 12h00. Vivez la plus terrible des expériences dans vos rêves, à plusieurs. Pour plus d'informations, consultez la catégorie événements !
Fièvre Jaune
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 Friedhelm Heißmann

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Identité

Nom : Heißmann
Prénom : Friedhelm
Surnom : /
Sexe : Masculin
Âge : 25 ans, né le 09 Septembre 1932
Nationalité : Allemande
Profession : Chômeur, à la recherche d'un emploi
Lieu de résidence : Arkham, à la recherche d'un appartement
Parenté :
• Ludwig Heißmann, père, mort par pendaison le 16 Octobre 1946 à Nuremberg des suites du procès éponyme à l'âge de 46 ans, dignitaire nazi et SS-Obergruppenführer1 au sein de la Waffen-SS.
• Greta Heißmann, née von Spreckelsen, mère, décédée lors du Feuersturm2 provoqué par l'Opération Gomorrhe3 le 27 Juillet 1943 à Hambourg à l'âge de 38 ans, héritière de la famille von Spreckelsen.
• Lukas Heißmann, petit-frère, mort d'inanition dans les décombres de Hambourg le 10 Août 1943 à l'âge de 6 ans.


Description physique

Taille : 1 mètre 86
Poids : 65 kilogrammes
Couleur des cheveux : Châtain clair
Couleur des yeux : Bleus
Traits du visage : Fins, jeunes
Emplacement du signe : Sur le côté gauche de sa poitrine
Autres détails : /


Description morale

Qualités : Vif, débrouillard, instruit, généreux, pacifiste
Défauts : Impatient, craintif, timide, (trop) curieux, honte
Connaissances générales : Très bonnes connaissances acquises grâce à sa scolarité en Allemagne dans les domaines des sciences, en littérature, et en histoire. Des connaissances en Art du fait de ses lectures personnelles. Il s'est spécialisé à l'Université de Munich dans l'étude des civilisations anciennes et disparues.
Connaissances du Mythe : Néant
Autres détails : Pyrophobe, du fait des souvenirs de sa mère brûlée vive pour le protéger, lui et son frère, lors de l'Opération Gomorrhe. Il n'est pas rare de le voir la clope au bec, appréciant du tabac brun - chose rare au pays des cigarettes blondes.


Inventaire

Tenue(s) : Des tenues classiques d'époque, un style chemise, bretelle, pantalon décontracté lorsqu'il est seul, beaucoup plus strict et corporate lorsqu'il est en société.
Arme(s) : Le pistolet semi-automatique Luger Parabellum 08 de son père, dernier souvenir qu'il a de ce dernier qu'il hait profondément, mais dont il n'arrive pas à se débarasser pour terminer son deuil.
Equipement, outils ou objets fétiches : Une montre à gousset comportant une photo de son petit-frère et lui prise juste avant les bombardements sur Hambourg plongeant la ville dans la famine qui eut raison de ce premier.
Autre(s) : Des dizaines de précieux et vieux ouvrages qu'il a récupéré dans les décombres de sa maison, desquels il ne se sépare pas.


Notes

1 : Troisième grade le plus élevé au sein de la Waffen-SS, il correspond en France au grade de Général de corps d'armée.

2 : Littéralement « la tempête de feu », ce mot désigne le souffle puissant d'air et de gaz inflammables - dont le napalm - que les bombardements de la Royal Air Force et de l'US Air Force ont provoqué sur la ville de Hambourg au cours de l'Opération Gomorrhe.

3 : Cette opération menée entre le 25 Juillet 1943 et le 03 Août de cette même année par la Royal Air Force et l'US Air Force avait pour objectif la destruction de Hambourg et de ses habitants afin de réduire la capacité militaro-industrielle allemande et d'asséner un violent coup au moral de la population allemande. Elle fit plus de 45000 morts.


Dernière édition par Friedhelm Heißmann le Mar 7 Juin - 10:12, édité 1 fois
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Histoire

Style de jeu : Horreur Lovecraftienne

Chronologie / résumé du Background :

Friedhelm naquit dans la luxueuse villa Heißmann du centre de Hambourg qui appartenait à la famille Heißmann depuis huit générations.

Son père, Ludwig Heißmann, avait suivi des études militaires comme le voulait la tradition familiale au sein de l’académie militaire de la cité libre hanséatique. Il fit ses armes durant la Première Guerre Mondiale, alors réquisitionné comme bon nombre de jeunes hommes partout en Europe pour partir mourir au front. Il survécut à la boucherie et fut remarqué par des gradés en 1918, ce qui lui permit de poursuivre son ascension au sein des Freikorps1 afin de lutter contre les Spartakistes, avant d’intégrer la Sturmabteilung2, communément appelée SA, dès sa création au mois d’Août 1921  par un certain Adolf Hitler. Il participa activement à la lutte armée contre les communistes allemands, faisant montre d’un fort nationalisme et d’un profond dévouement pour celui qu’il considérait alors comme l’unique sauveur de l’Allemagne. Tant et si bien qu’il intégra la Schutzstaffel3, ou SS, en mai 1925, un mois après son organisation, pour faire partie de la garde rapprochée du futur Chancelier nazi. Très impliqué dans cette organisation, il intégra par la suite la Waffen-SS, la branche militaire de la SS. Il grimpa très rapidement les échelons avant de devenir Obergruppenführer, très haut grade au sein de la Waffen-SS, en charge de la protection de Hambourg, sa ville natale, et du camp de concentration de Neuengamme situé au sud-est de la ville. En mai 1945, lorsque les Britanniques investirent la ville, Ludwig fut capturé. Quelques jours après leur arrivée, ils découvrirent le camp de concentration, et lors du procès de Nuremberg, Ludwig y fut jugé et condamné à mort pour crime contre l’humanité après avoir permis des gazages au Zyklon B en 1942, mais également des expériences scientifiques sur des enfants juifs, sans oublier la mort de 55000 travailleurs. Il fut pendu le 16 Octobre 1946 comme bon nombre d’autres dignitaires nazis.

Sa mère, Greta von Spreckelsen, était l’héritière d’une richissime famille de Hambourg impliquée dans les affaires de la ville, proposant au fil des générations différentes des maires, des avocats ou des magistrats. Très influente, son mariage avec Ludwig Heißmann en 1921 avait été arrangé comme bon nombre à l’époque pour assurer la noblesse du sang. Greta ne travaillait pas en sa qualité de rentière, mais elle investissait des parties de la fortune de sa famille dans des galeries d’art, des salons littéraires ou autre. Assistant, impuissante mais pas moins révoltée, à l’ascension d’Adolf Hitler, elle tentait de raisonner son mari, mais celui-ci n’avait de cesse de lui répéter qu’elle ne comprenait rien à la politique, que c’était une affaire d’hommes, et qu’elle faisait mieux de s’occuper de ses artistes dont elle se voulait la mécène avant qu’ils soient écartés par le régime nazi. Ludwig, s’il n’était pas délicat et fin, aimait sa femme et même ce qu’elle faisait pour la ville hanséatique et la culture. Ce fut son seul tort dans le cadre des attentes de la SS quant aux traits de l’esprit de ses membres. Greta put même organiser le départ d’artistes boycottés par le régime aux Etats-Unis grâce à l’aide implicite de son mari qui accepta de fermer les yeux sur ses agissements passibles de peine de mort vers la fin des années 1930.

Ce fut le 09 Septembre 1932, dans une Allemagne se remettant très péniblement de la crise de 1929, que Friedhelm Heißmann vit le jour. Il était le premier né de Ludwig et Greta, et son père plaça très tôt le poids de l’héritage familial et de la renommée de sa famille – ainsi que celle de sa mère dans une moindre mesure – sur ses épaules. Le jeune garçon fut éduqué et les meilleurs précepteurs de Hambourg s’occupèrent de son éducation dès quatre ans, si bien qu’avant ses cinq ans, Friedhelm savait lire, écrire, compter, et effectuer des opérations de base. Son enfance fut stricte, conformément aux demandes de son père qu’il ne vit pourtant que rarement du fait de son importance au sein des instances nazies qui nécessitaient un temps et une présence qu’il ne pouvait accorder à son enfant. Sa mère qui ne voulait pas que son fils soit embrigadé par l’idéologie dominante s’assura d’ouvrir son esprit aux arts en lui lisant de vieux ouvrages qu’elle entretenait auprès de tableaux dans une pièce de la villa Heißmann qui lui était réservée, son « jardin secret » comme elle se plaisait à le nommer. En 1937 naquit Lukas, le petit-frère de Friedhelm.

En 1939, la guerre éclata. Tout juste âgé de sept ans, le petit garçon ne comprenait pas ce qu’il se passait ni l’impact que celle-ci avait sur la face du monde et de l’humanité. Les premières années de la guerre furent pour les Allemands les plus douces, car ils enchaînaient les victoires et personne ne semblait pouvoir leur résister. Peu après la fin de la campagne en France, leur père eut une permission et put rentrer à Hambourg où il allait par la suite être muté pour diriger le camp de concentration de Neuengamme. Sa présence n’était pas un plaisir dans la villa Heißmann car il avait été encore plus endurci par la guerre, et que le régime nazi avait terminé son endoctrinement. Alcoolique, il n’hésitait pas à battre sa femme Greta et le petit Friedhelm, comme s’il avait encore besoin de purger les maux qu’il causait du fait de sa fonction.

En 1941, Ludwig ne rentrait plus qu’une fois tous les deux mois, au grand bonheur de Friedhelm et de Greta qui poursuivait l’instruction prématurée de son fils afin de lui offrir les moyens de résister à la tentation nazie. Toutefois, plus le temps passait, plus Ludwig devenait exécrable et violent. Fin 1942, la guerre prit un tournant après l’entrée en guerre des Etats Unis d’Amérique et le bourbier que devenait Stalingrad puis la perte de la ville en Février 1943. L’invincibilité apparente d’Adolf Hitler s’émiettait. Friedhelm se rappelle encore de cette époque où l’on commençait à rationner la nourriture à Hambourg pour permettre l’alimentation de tous. Certes, lui ne souffrait pas de restrictions du fait de la fortune familiale des Heißmann, mais le climat fut lourd et pesant jusqu’en Juillet 1943 où tout bascula pour la cité libre hanséatique.

Dans le cadre de la reconquête des territoires occupés par l’Allemagne nazie, les Alliés avaient décidé de préparer le terrain en affaiblissant l’ennemi au cœur de ses propres terres. L’opération Gomorrhe fut une de ces missions dont les objectifs étaient d’handicaper l’appareil militaro-industriel allemand et de saper le moral de la population. Le 25 Juillet, la ville essuya des bombardements qui allaient durer dix jours, 24 heures sur 24. Alors âgé d’onze ans, le jeune Friedhelm fut marqué à vie par les premières détonations qui soufflèrent tout un quartier de Hambourg. Il voue depuis ce jour une profonde haine à la guerre et aux armes, jour où il fut confronté à la guerre physiquement. Personne ne pensait à cet instant que les bombardements allaient prendre une telle ampleur, ce pourquoi Greta refusait de quitter la villa où elle vivait avec ses enfants tout de suite. Néanmoins, après deux jours de bombardements continus durant lesquels le centre de Hambourg avait été épargné, elle comprit qu’il leur fallait fuir, mais ce fut trop tard. Sitôt la route empruntée, les bourdonnements d’avions survolant le centre se fit entendre et un déluge d’une autre ampleur s’abattit sur le quartier historique de la ville. Les explosions provoquèrent une véritable tempête de feu, dont le souffle dépassa selon les endroits 240 kilomètres heure. Les bombes étaient alors couplées à du napalm dans le but de gazer et brûler délibérément, vive, la population locale. Ce fut au détour d’une allée relativement protégée – mais trop peu – que le souffle ardent vint s’abattre sur la famille de Ludwig, alors en fonction et supervisant d’atroces expériences au camp de Neuengamme. Suivant un instinct maternel qui lui était propre, Greta sacrifia sa vie en propulsant ses enfants suffisamment loin dans une cave à proximité de l’endroit où ils fuyaient. Encore aujourd’hui, il arrive à Friedhelm de rêver de cet épisode de sa vie où, chutant dans la noirceur de la cave, il vit la nuit environnante s’illuminer, distinguant très nettement chaque trait comme en plein jour, avant qu’elle ne s’enflammât et fut balayée par le Feuersturm. Ce jour-ci, la lumière au bout du tunnel n’avait jamais été aussi proche, mais cette fois, il s’en retourna dans l’obscurité. La mort n’était pas encore venue pour lui, pensa-t-il.

Lorsqu’il se réveilla, une odeur âpre de cendres encore brûlantes siégeait dans la cave. Son petit-frère n’avait rien et dormait encore. Friedhelm le réveilla, et ils sortirent de cette cave pour ne découvrir qu’un spectacle de désolation calcinée. Il masqua les yeux de Lukas en passant devant le corps méconnaissable de sa mère, qu’il ne reconnut qu’en voyant, gisant à côté d’elle, la montre à gousset dont elle ne se séparait jamais, au sein de laquelle siégeait une photographie de lui et son petit-frère. Il s’en empara et, affamé et assoiffé, arpenta les rues meurtries de Hambourg afin de trouver de quoi survivre. Les jours passaient, tandis que les bombardements continuaient, et les vivres furent de plus en plus rares, si bien que le matin du 10 Août 1943, après avoir passé une semaine à sacrifier ce qu’il trouvait de graines et de pommes de terre – où ce qu’il pensait en être – son frère ne se réveilla pas. Il s’en était allé d’inanition, mort de faim et de soif, au détour d’un croisement ravagé de la ville qu’ils ne connaissaient pas. Friedhelm en voulait alors au monde entier. A ces avions qui semaient le chaos depuis les cieux majestueux qu’il n’avait de cesse d’observer étant petit, à son père qui n’avait pas su protéger sa famille et dont il avait eu vent des affres après avoir surpris, un soir, sa mère au téléphone, en larmes.  

Les heures étaient comptées pour Friedhelm qui sentait à son tour la vie s’échapper de son corps, et il serait très certainement mort s’il n’avait pas été recueilli par une femme âgée elle aussi à la rechercher de quoi survivre. Elle partagea une vieille miche de pain rassie et le peu d’eau dont elle disposait avec lui, avant de brûler le corps de son frère auprès duquel il avait attendu que la mort fasse son office au terme d’un semblant de cérémonie funéraire. Il la suivit en dehors de Hambourg, se réfugiant dans un petit village non loin, jusqu’à ce qu’ils croisent une patrouille de militaires et que cette femme leur remit Friedhelm après avoir appris son nom. Peu enchanté mais rassuré quelque part de retrouver un certain confort de vie, le jeune garçon fut déposé au camp de concentration de Neuengamme.

Un officier nazi le conduisit à travers le camp jusqu’au bureau de son père siégeant en plein centre de celui-ci en haut d’un grand bâtiment, en sorte qu’il pût tout voir de son royaume mortuaire, assis sur son trône. Le petit garçon fut profondément atteint par ce qu’il devinait être des hommes, des femmes et des enfants dont la maigreur lui donnait l’impression de voir des squelettes en vie, travaillant à la confection de briques pour une société locale. Un grillage équipé de barbelés séparait son monde du leur, et, s’il espérait jusqu’alors que sa mère s’était trompée sur les agissements de son père, il ne put qu’en avoir la certitude pour l’avoir vu de ses propres yeux. Quand il entra dans son bureau, Friedhelm trouva son père en pleurs, une bouteille de bourbon presque vide à ses côtés et tenant une lettre. Sans doute avait-il appris dedans la mort de sa femme et de ses enfants, puisque quand il vit son premier né, il ne put que le serrer dans ses bras en s’effondrant.

Friedhelm pensait que le cœur de son père s’attendrirait, mais, il se trompa, et très vite, il redevint celui qu’il avait jusqu’alors toujours été. Le petit refusait de quitter sa chambre mais il fut contraint de visiter le camp lorsque son père voulait faire de lui un homme, lui montrant les traîtres, chiens et autres pestiférés, comme il les nommait, habitant son camp. Ludwig pensait que l’horreur qu’il offrait au regard de son enfant le rendrait fort et solide, ce fut bien là tout l’effet inverse. Chaque jour, la haine que vouait Friedhelm à son père ne cessait de croître, et deux ans passèrent avant que les Britanniques ne marchassent sur Hambourg pour ensuite libérer le camp. De nouveau, des explosions retentirent, et, enfermé dans son bureau avec son fils, Ludwig lui remit son pistolet, lui confiant qu’il ne pouvait pas faire cela devant lui. Les Britanniques finirent par enfoncer la porte, brandissant leurs mitrailleuses vers les deux individus et, si l’arrestation de Ludwig fut musclée, Friedhelm ne fut pas battu.

Le jeune garçon, allant vers ses 13 ans, fut placé dans un foyer au cœur de Hambourg, bâti pour l’occasion, jusqu’à la fin de la guerre dans lequel il fut contraint d’y rester après la capitulation, le 08 mai 1945. Ce foyer réunissait une quinzaine de jeunes orphelins, plus ou moins jeunes que lui. Lorsque les exactions nazies furent découvertes par la population allemande, Friedhelm porta soudainement le fardeau d’un nom qu’il n’avait pas choisi. Il fut méprisé par bon nombre des adultes dirigeants le foyer pour avoir été le fils d’un monstre qui avait organisé des expériences scientifiques sur de pauvres enfants juifs. Le 16 Octobre 1946, Ludwig Heißmann fut pendu haut et court, comme bon nombre de dignitaires nazis ce jour-là. Friedhelm ne mit pas longtemps à l’apprendre puisque ce fut non sans un malin plaisir qu’une bonne du foyer lui cracha l’information au visage. A 14 ans, le petit garçon n’avait déjà plus rien, sinon l’assurance d’un repas chaud en compagnie de personnes qu’il n’aimait pas dans un foyer qui ne l’affectionnait pas.

Quelques années passèrent durant lesquelles Friedhelm fut de nouveau scolarisé. L’enseignement qu’il suivait au sein du foyer était strict, mais complet, car ses propriétaires ne pouvaient se permettre de conserver ces orphelins trop longtemps. Il arrivait au dernier Heißmann de se rendre dans les ruines de la cité hanséatique, alors en reconstruction, et de fouiller dans les débris de sa maison pour trouver un quelconque souvenir. Par chance, elle n’avait pas brûlé lors des grands incendies qui succédèrent aux bombardements de l’été 1943, et Friedhelm trouva dans les décombres des livres que sa mère gardait autrefois. Le temps les avait abîmés mais, disséminés çà et là sous des gravats, quelques-uns furent protégés des intempéries. Il était question de vieux ouvrages germaniques imprimés selon la police gothique d’antan, traitant d’art, d’histoire, de science, ou encore pour le plus surprenant d’entre eux, d’arts occultes. Ce dernier livre intriguait particulièrement l’adolescent qui pensait qu’il s’agissait de vieux contes et il n’y prêta par la suite guère d’attention. Il fit l’effort de tous les conserver, comme seul héritage de sa mère jusqu’au jour où il fut contacté par une banque allemande l’informant du capital dont il héritait en tant qu’héritier de la famille Heißmann d’une valeur conséquente le mettant à l’abri du besoin au moins pour dix années.

Sa majorité atteinte, il fut en droit de quitter le foyer où il résidait. Considéré comme un parjure, une honte, il n’attendit pas deux jours avant de prendre la route. S’il n’avait pas beaucoup d’idée concernant ce qu’il ferait plus tard, il avait la certitude de trouver en l’Université de Munich un lieu plus qu’honorable où assouvir sa soif de savoir. Il débarqua dans la capitale fédérale de Bavière en 1950, alors que la Guerre Froide battait son plein en Europe et que la menace nucléaire que constituait l’URSS hantait les esprits puisque la rumeur voulait qu’ils aient effectué un premier test au Kazakhstan. Dans ce nouveau climat à l’odeur significative en Allemagne, alors scindée entre République Fédérale d’Allemagne et République Démocratique Allemande, Friedhelm, alors âgé de 18 ans, put louer un appartement convenable dans le centre de Munich. Il ne tarda pas à s’inscrire à l’université, jouissant d’un certain anonymat puisque le nom de la famille Heißmann n’évoquait rien en cette région méridionale d’Allemagne.

Ses deux premières années à la prestigieuse Université de Munich furent globalement générale, avec une majeur en histoire, jusqu’à ce qu’il se spécialisa dans l’étude des civilisations ancestrales et disparues. Son imagination avait été, très jeune, alimentée par les histoires de sa mère, qui lui contait les prouesses de peuples vivant en dehors de l’Europe, aux Amériques ou encore en Afrique, dont les cultures étaient radicalement différentes de la sienne. Ces histoires avaient éveillé en lui une curiosité pour ce qu’il ne connaissait pas, ce qui lui semblait abscons, car il s’opérait alors en son esprit un effort pour tenter de savoir pourquoi et comment ces peuples ne s’étaient pas développé telles les grandes nations toutefois vieillies et meurtries d’Europe. Il se disait alors qu’il pourrait devenir chercheur, professeur, ou encore archéologue ou aventurier dans quelques contrées reculées du monde, où il ne serait plus rattrapé par ses vieux démons que sa mémoire et son père constituaient.

Le temps, s’il effaçait les cicatrices, ne parvenait pas à chasser les maux de Friedhelm, trop jeune pour avoir vu sa mère mourir dans les flammes, trop jeune pour avoir vu l’horreur des camps de concentration et trop jeune pour avoir porté le fardeau d’un nom qu’il n’avait pas choisi. L’héritier Heißmann gérait méthodiquement son héritage, économisant pour ne pas avoir à travailler en même temps que ses études, et lorsqu’approcha la fin de ses études, il rassembla tout ce qu’il put et décida d’émigrer aux Etats-Unis où, disait-on, la réussite était assurée. Il ne savait pas alors dans quoi il s’embarquait, ni comment il trouverait du travail une fois arrivé sur le sol américain, et il choisit sa destination au hasard, prenant la première que lui offrait l’aéroport de Munich pour les Etats-Unis. Il s’agissait d’un vol Munich-Arkham, avec une correspondance à Boston, arrivée prévue le 12 Octobre 1957 au soir.

Le vol se déroula sans encombre. Toujours accompagné des livres qu’il avait retrouvé dans les ruines de la villa Heißmann, il abandonna sans regret l’Allemagne où l’ambiance s’alourdissait jour après jour. Ce pays était maudit, pensait-il, et devrait pendant longtemps encore faire les frais de ses exactions. Arrivé sur le sol d’Arkham sur le coup des 22h30, Friedhelm demanda un taxi pour un hôtel en centre-ville où se reposer pour la nuit avant de chercher un lieu où dormir et un appartement.


Notes

1 : Les Freikorps, ou Corps Francs, étaient des unités fondées au lendemain de la Première Guerre Mondiale en Allemagne alors que celle-ci devait se démilitariser. Groupuscules d'extrême droite, ils furent particulièrement actifs contre les Spartakistes, les révolutionnaires communistes allemands. Ils sont à l'origine du décès de personnalités comme Rosa Luxemburg.

2 : La Sturmabteilung, abrégée en SA, ou Section d'Assaut en français, était une organisaiton paramilitaire fondée par le partie nazi en Août 1921, regroupant notamment d'anciens membres des Freikorps. Toute volonté d'indépendance de la SA fut abrégée durant la Nuit des longs couteaux, où ses dirigeants, nazis, furent assassinés sous ordre d'Adolf Hitler, craignant une mutinerie.

3 : Organisation politique et militaire nazie, la Schutzstaffel, abrégée en SS, ou Escadron de Protection en français, fut fondée en 1925 par Adolf Hitler et dirigée d'une main de fer par un certain Heinrich Himmler. Décomposée en plusieurs branches, notamment la Waffen-SS, elle fut l'instigatrice du massacre systématique des juifs en Europe.
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