Sous le signe jaune
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Clique ici pour la musique d'ambianceOu iciDéveloppement toujours en coursRoleplay [ON] !Samedi 12 octobre - 26 octobre 1957Partenariat ouvert
A savoir
#Le forum ouvre ses portes et le Staff termine le développement ! Bon jeu à tous !
#Merci à N-U pour l'aide apportée à l'esthétique du forum.
#Membres du Staff : Isaac, Lloyd
Contexte
Arkham.
Une ville mystérieuse s'il en est.
En tout cas c'est ce que vous diront nombre d'habitants du Massachusetts qui évitent la ville et ses alentours.
Cela vient peut-être du fait que les deux institutions les plus renommées de la ville soient son asile psychiatrique et l'Université Miskatonic, dont la réputation s'est faite sur la singularité des cursus d'études proposés, comme par exemple l'étude de l'influence des sciences occultes sur le monde.
Mais si vous demandez à un habitant, il vous répondra qu'Arkham est des plus normales, et que les racontards à l'origine des rumeurs qui ternissent son image ne sont que de simples jaloux.
Enfin, c'est-ce qu'ils auraient dit jusqu'à il y a quelques jours. En effet, depuis le lancement de la mission Spoutnik 1 le 4 octobre 1957, une étrange atmosphère règne sur la ville, mais pas seulement.
Vous vous réveillez en sueur, paniqué, durant la nuit du 12 octobre 1957, votre paisible sommeil interrompu par un terrible cauchemar.
Cependant, ce dernier n'était pas comme les autres, tout semblait si réel alors qu'il y avait créatures ailées, monstres sous-marin et démons venus d'outre-monde. Mais le plus terrifiant restait cette voix d'origine inconnue, qui résonnait et résonne encore dans votre tête, elle parlait de destin funeste aux sources incompréhensibles et de magie noire. Elle murmurait, chuchotait et susurrait à votre oreille avec un ton si malsain que chaque mot provoquait inquiétude et dégoût. Les paroles abstruses mettaient en évidence quelque chose bien en particulier, un signe, un don, une marque à la couleur de l'ambre et qui, de part son illumination dorée, était capable de vous donner des pouvoirs surnaturels et de changer le monde.
A votre réveil, vous espérez que tout cela n'était que pure imagination, mais la marque constituée de trois branches distinctes était bien là, sur votre corps. Comment ? Pourquoi ? Vous ne savez pas. Mais une chose est sûre, c'est que dans Fièvre Jaune, les mystères et danger de la ville créée par Lovecraft se dresseront sur votre route.
Êtes-vous prêts à vous plonger dans la sombre Arkham de 1957 ?
Evénements
24/10/1957 Cauchemar collectif.
Evénement intermédiaire, inscriptions jusqu'au 09/06/2016 à 12h00. Vivez la plus terrible des expériences dans vos rêves, à plusieurs. Pour plus d'informations, consultez la catégorie événements !
Fièvre Jaune
LE SIGNE EST SUR VOUS

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 13/10/1957 - Friedhelm Heißmann - Désormais à Arkham. [Terminé]

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Peut-être stressé par un son voyage imminent, ou hanté par un obscur démon, la nuit du 11 au 12 octobre 1957 fut pleine de cauchemars pour le jeune allemand. Dans ses songes, il vit des créatures étranges, tentaculaires et gigantesques marcher sur des bâtiments en flammes, comme si la fin du monde avait été annoncé sur Terre.

Il se réveilla, au petit matin, apeuré, transpirant, choqué du cauchemar atroce qu'il venait de subir et cela lui donna encore plus envie de quitter l'Allemagne, ce pays qu'il jugeait maudit. Avec de la chance, il allait semer par la même occasion le démon qui l'avait agrippé cette nuit-là.

Il passa une journée difficile, mais réussit à ne rien oublier pour son voyage, surtout pas les livres qui lui étaient si chers et prit l'avion à l'heure.

Friedhelm arriva à Arkham aux alentours de 22h30, il commanda un taxi pour se rendre dans le centre-ville, en réalité plus aux abords du quartier Nord-Ouest et s'arrêta dans un hôtel bien côté, dont l'enseigne affichait « La belle lune ».

L'allemand rentra alors, et demanda une chambre pour la nuit, une charmante demoiselle l'accueillit et lui donna des clés pour la nuit, pour une pièce avec un lit simple, une salle de bain privée et un prix modeste pour les services que proposaient l'établissement.

Agréablement surpris du début de son séjour, bien qu'il avait été surpris par l'étonnant froid qui s'installait dans le Massachusetts depuis le 12 octobre, Friedhelm prit les quelques escaliers pour ouvrir la chambre B18 de « La belle lune » et pouvoir enfin se reposer de cette journée de voyage.

Fatigué, il ne tarda pas à se coucher, et avant minuit, il s'assoupit dans des draps propres et une ambiance chaleureuse, moquette et décorations de bon goût étaient au rendez-vous. Il passa une meilleur nuit que sa dernière passée en Allemagne.

Levé à l'aube, il était prêt pour découvrir de nouvelles choses, et les découvertes commencèrent dès son réveil, car il remarqua une étrange marque jaune sur le côté gauche de sa poitrine, à la manière d'un tatouage.


Dernière édition par Isaac Zachariasz le Lun 13 Juin - 19:53, édité 1 fois
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Le cauchemar qu’avait fait Friedhelm la veille de son départ n’arrangea en rien son voyage en avion. Si le vol avait été tranquille, il ne pouvait s’empêcher de se remémorer cette ville en flammes dévorée par des créatures sinistres et épouvantables. Tout n’était que chaos dans cette cité dévastée par d’obscures forces dont il n’avait jamais eu idée auparavant. Etait-ce une métaphore de l’Opération Gomorrhe qui détruisit Hambourg en 1943, alors qu’il n’avait que 10 ans ? Ou bien était-ce la destruction de Gomorrhe selon les récits bibliques ? Tout le long du voyage, une phrase le hantait.

    « Alors l’Eternel fit tomber sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu ; ce fut l’Eternel lui-même qui envoya du ciel ce fléau. Il détruisit ces villes et toute la plaine, et tous les habitants de ces villes. »

Cette citation biblique provenait du chapitre 19 de la Genèse, plus précisément des versets 24 et 25. Jeune, il avait dû apprendre l’enseignement biblique, puisque toute sa famille était protestante, comme bon nombre d’allemands en ce temps. Friedhelm n’avait, après la guerre, que faire de la religion. Devenu athée sciemment, il refusait de croire en l’existence d’un Être suprême dont l’Homme serait son joyau le plus précieux.

Il ne croyait de fait pas non plus en une vision prémonitoire, ce pourquoi sa raison le poussa à interpréter ce rêve comme le ressac déchirant de sa mémoire. En définitive, même en l’absence de perturbations aériennes, une nausée s’empara de l’expatrié qui ne put retenir plusieurs vomissements dans les toilettes aménagées du Douglas DC-7 neuf qui le transportait avec d’autres passagers.

Arrivé sur le sol américain, il ne profita pas de l’escale à Boston pour visiter la ville et resta dans l’aéroport. Tout lui paraissait plus grand ici, mieux équipé et technologiquement plus avancé qu’en l’Allemagne meurtrie qu’il avait délaissée. L’avion décolla une dernière fois pour atterrir à proximité d’Arkham, où Friedhelm commanda un taxi à 22h30. Ce dernier l’amena à l’hôtel le plus proche, dans le quartier Nord-Ouest de l’Arkham, d’après ses dires, et le déposa après avoir été payé par les quelques billets qu’il avait pu se procurer en échangeant de la monnaie allemande contre des dollars.

Sitôt entré, il demanda une chambre et l’hôtesse lui remit les clefs de la B18. « La belle lune » était le nom du petit hôtel où, s’il faisait particulièrement froid ce soir-là, il régnait une atmosphère chaleureuse et agréable contrairement à sa dernière nuit passée dans la patrie de Goethe. Après s’être lavé, il s’assoupit sous ses draps non sans avoir rajouté une couverture de laine qui attendait patiemment qu’on l’utilisât au fond d’une armoire.

Quelques gazouillements à la fenêtre de sa chambre le réveillèrent très tôt. Il devait être 7h, peut-être 6h30, et le soleil se levait à peine en cette matinée du 13 Octobre 1957. Après avoir impeccablement refait le lit et plié la couverture qu’il avait déposée aux pieds du lit, Friedhelm se dirigea dans la salle de bain, s’allumant une première gauloise brune. Il ne prit pas le temps de se regarder dans le miroir et, déposant sa cigarette sur le rebord du lavabo, ouvrit le robinet d’eau froide pour se nettoyer le visage et se réveiller. Il glissa de nouveau la cigarette au creux de ses lèvres et se redressa face à la glace surplombant l’évier.

Figé, il n’observa ni ne tenta de rattraper sa cigarette tombant dans l’évier. Elle lui avait échappé des lèvres lorsque son regard croisa sur son reflet une étrange marque jaune en forme d’étoile sur sa poitrine gauche. D’abord pétrifié de stupeur, il porta lentement une main à cette étrange marque et la gratta pour voir si elle semblait partir. Rien ne changea. Il se glissa alors dans la douche, laissant sa cigarette à moitié mouillée s’éteindre dans le lavabo, pour se savonner mécaniquement et frénétiquement le corps, insistant particulièrement là où s’était établie la marque. Néanmoins, rien ne semblait pouvoir la faire partir. Alors il réfléchit et se surprit lui-même à penser que son héritage familial – le fait d’être le fils d’un dignitaire nazi – l’avait conduit à porter les stigmates de ce que son père avait infligé aux juifs, ceci se manifestant par le port définitif d’une étoile jaune. Chassant cette idée absurde de son esprit méthodique, Friedhelm, ne ressentant aucune douleur, décida de ne pas aller voir le médecin tout de suite. Il devait rapatrier aux Etats-Unis ses comptes en Allemagne et obtenir un droit de séjour sur le sol américain.

Sorti de la douche, il enfila un pantalon propre marron foncé et une chemise beige, dont il retroussa les manches à l’aide d’ourlets qu’il fit rapidement mais soigneusement. Il enfila ensuite une paire de bretelles et prit son paquet de cigarettes avant de descendre du premier étage par la cage d’escalier et ainsi petit-déjeuner. La pièce commune était vide, personne ne s’était levé, et personne n’assurait le service. Il entreprit de se servir alors quelques pâtisseries au chocolat dont il raffolait, puis il remplit une tasse d’un café noirâtre, tout juste tiède et très franchement peu ragoutant. Déposant le tout sur une table faisant face à une fenêtre de laquelle il pouvait apercevoir l’arrière-cour de l’hôtel, et, plus loin, les lueurs de la ville d’Arkham se réveillant.
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Friedhelm s'installa calmement dans la petite salle commune, actuellement vide, prenant son petit-déjeuner devant une fenêtre donnant sur l'arrière-cour.

Pendant qu'il buvait lentement son café, et dégustait ses pâtisseries, il regardait l'extérieur, pensif et réfléchissant à la suite de ses actions. Le jeune allemand était toujours troublé par le cauchemar qu'il avait vécu et l'apparition de cette marque sur son corps ne le rassurait pas.

Il commençait à se perdre, son esprit loin de son corps, mais termina rapidement son petit-déjeuner, qui fut très agréable. Friedhelm fut tenté d'ouvrir la fenêtre, pour prendre un peu l'air, mais se ravisa en se rappelant du récent froid naissant dans Arkham, il était finalement mieux au chaud et décida alors, pour quand même se détendre un minimum, de sortir une cigarette de son paquet.

Il la mit à la bouche, l'alluma, et tout en soufflant la fumée, il fixait encore l'extérieur, voyant les derniers instants du soleil qui était emporté derrière d'énormes nuages blanchâtres qui bloquaient ses rayons.

A ce moment-là, il fut étonné, surpris de voir un homme totalement vêtu de la tête aux pieds de tissu jaune et sale escalader un mur et sauter à l'intérieur de l'arrière-cour de l'hôtel. L'homme était encapuchonné, seule une barbe grise et épaisse dépassait légèrement.

Il semblait pressé, comme dans l'illégalité, un gros sac sur le dos. L'inconnu se rua à côté d'un mur, toujours dans l'axe de Friedhelm, ouvrit son sac, en sortit un pinceau et un seau de peinture jaune à moitié renversée. On pouvait deviner au loin les jurons que se lançait à lui-même l'étranger qui avait mal fermé le pot, mais il passa à l'acte, et commença à peindre sur le mur, choisi probablement aléatoirement.

Le jeune allemand ne savait pas trop quoi faire, il regardait, bouche bée, la cigarette en équilibre sur sa lèvre inférieure et plissait les yeux pour voir l’œuvre que réalisait le vieux délinquant à quelques mètres de lui. Cela ne prit que très peu de temps, et au bout d'un court instant, le cagoulé se recula pour admirer son graffiti dans sa totalité, Friedhelm se leva de sa chaise, par réflexe, choqué de ce qu'il était en train de voir.

Ce qui avait été peint sur le mur ressemblait à la perfection à la nouvelle marque ornant la poitrine de Friedhelm.
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Les pâtisseries étaient bien meilleures que le café, il devait l’avouer. Trempant tour à tour ses petits pains au chocolat dans sa tasse fumante, il laissait vaquer son regard par-delà l’arrière-cour, distinguant les derniers rayons du soleil levant qui ne tarda pas de se voiler derrière de lourds nuages clairs, après avoir allumé une cigarette. La marque l’intriguait indubitablement. Pourquoi ? Que représentait-elle ? Pourquoi ne partait-elle pas ? Et puis, quelqu’un devait la lui avoir faite. Peut-être devait-il demander aux personnes dormant à l’hôtel, ou même à la direction, s’il était dans leurs habitudes de marquer ses occupants ? Après tout, ils servaient un café si abject qu’il se pouvait bien qu’ils eussent réalisé cette sorte d’étoile jaunâtre de bien mauvais goût !

La cendre de sa cigarette tomba d’un bloc sur la table, sortant subitement Friedhelm de ses songes. Clignant à deux reprises des yeux, comme s’il avait rêvassé, il crut halluciner en voyant un visage encapuchonné, laissant transparaître une barbe mal taillée grise, dépasser du mur de l’arrière-cour pour sauter en son sein. Etonnante était aussi la couleur du tissu le recouvrant : un jaune flave, sale et terne, lui rappelant étrangement sa marque. Il porta à cet instant précis sa main sur sa poitrine gauche, tandis que son regard poursuivait le mystérieux personnage déballant d’un gros sac un pinceau et un seau de peinture qu’il renversa maladroitement, déversant la teinte sur l’herbe humide du jardin.

Soudain, il entreprit une œuvre que Friedhelm ne put aux premiers abords percevoir nettement. Bouche bée, laissant tomber une nouvelle gerbe de cendres froides sur le rebord de la fenêtre contre laquelle il était presque appuyé – comme s’il avait besoin d’être au plus près de l’action pour l’entrevoir parfaitement –, il put après un bref instant voir l’homme encapuchonné se retirer pour révéler son œuvre qu’il contemplait. Se levant subitement, l’émigré allemand pouvait observer à présent la marque qu’il avait sur le torse. C’était sûr, ce ne pouvait être que lui qui l’avait marqué durant son sommeil avec sa peinture indélébile.

Mû par ses interrogations, et se doutant qu’il ne devait pas être bien dangereux pour arborer un tel accoutrement, Friedhelm ouvrit brusquement la fenêtre par laquelle il se glissa habilement, laissant tomber sa cigarette dans un pot de fleur qu’il faillit renverser en atterrissant dehors. Le froid était au rendez-vous, comme la veille, et il avait bien fait, quelques minutes avant cette scène, de ne pas ouvrir la fenêtre. S’approchant d’un pas déterminé, il lança quelques mots dans un anglais prononcé avec un fort accent allemand, sur un ton accusatoire mais partiellement interrogatif, témoin de l’incompréhension qui accompagnait sa matinée.

    « Eh ! Vous ! Pourquoi m’avez-vous marqué ? Qu’est-ce que cela veut dire ? »

Avançant toujours, une légère brise se leva, lui glaçant l’échine, tandis qu’il observait l’étrange individu dans sa foulée déterminée.
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L'individu se tourna brusquement, cachant toujours son visage, et faisait désormais face à l'allemand. Par réflexe ou par étonnement, il lâcha son pinceau mais cette fois-ci pas son seau, puis semblait se calmer quand il entendit l'interrogation de Friedhelm.

Après un moment de silence, durant lequel Friedhelm avait eu le temps de bien se rapprocher de l'inconnu qui, lui, n'avait pas bougé, il se décida à répondre, avec un ton qui n'apportait aucune agression.

Dissimulé derrière un tel accoutrement jaunâtre, on ne voyait pas ses lèvres bouger, et on ne savait même pas si il regardait réellement à qui il parlait.

« Marqué ?.. Que voulez-vous dire ? Vous êtes marqué ? Marqué du.. du... »


Avec un accent purement américain, il cherchait ses mots, et commençait à tapoter de sa main libre le signe jaune qu'il avait peint sur la façade, tout en balbutiant.

« Du … De ce signe là? »

L'inconnu était tremblant, hésitant, comme si il avait peur, ou comme si il venait d'entendre la révélation de sa vie.
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L’étrange personnage n’avait pas fui lorsque Friedhelm l’avait alpagué. C’était déjà un bon point. Son pinceau tomba au sol sitôt que le jeune allemand lui lança ses paroles, par stupeur pensait-il. Il put s’approcher convenablement de lui, ne distinguant toutefois toujours pas distinctement son visage ou même ses lèvres, seule cette barbe grisâtre broussailleuse dans laquelle il marmonna quelques mots.

    « Marqué ? Que voulez-vous dire ? Vous êtes marqué ? Marqué du… Du… ? »

S’arrêtant un instant comme s’il avait du mal à formuler sa phrase, l’américain – sans doute l’était-il au vu de son très bon anglais et du pays où ils étaient – apposa sa main contre son œuvre, la tapotant légèrement, avant d’achever son discours hésitant.

    « Du… De ce signe là ? »

Quelque chose n’allait pas dans sa voix, et Friedhelm n’eut pas de mal à le ressentir. De l’excitation, peut-être ? Ou une crainte ? Sans doute les deux à vrai dire, mais qu’est-ce qui pouvait bien l’illuminer à ce point ? L’Allemand était tout autant déconcerté que lorsqu’il avait vu cet artiste dérangé pénétrer dans l’arrière-cour et réaliser son œuvre. A quoi ce symbole pouvait-il bien servir ? Etait-ce un signe d’appartenance à un groupe, comme l’étoile jaune dans le temps ? Mais surtout, pourquoi le lui avait-il peint durant son sommeil, à son insu ?

L’émigré se frotta activement le bras pour se réchauffer, tandis que le froid persistait, et après un bref instant de réflexion, répondit d’un ton relativement ferme sans être agressif.

    « Oui, ce signe-ci. Qu’est-ce que cela veut dire ? Et de quel droit avez-vous pénétré ma chambre pour me marquer ? Ah, et comment le retirer, mh ? »

Friedhelm marqua une courte pause, passant une main dans ses cheveux qu’il n’avait pas encore cirés ni coiffés, avant d’insister.


    « Non pas que ce soit laid, mais je trouve cela bien trop abstrait pour un tatouage, et, là d’où je viens, les étoiles jaunes avaient une toute autre signification… »

A ces mots, il porta la main à sa poitrine gauche pour que le mystérieux inconnu comprenne l’endroit où il avait été marqué, mais sans doute n’avait-il pas à le lui montrer, puisqu’il devait bien se rappeler de la partie de son corps qu’il avait maculé de sa peinture indélébile. D’ailleurs, en était-ce vraiment ? De mémoire, il n’avait jamais connu de matière ne s’effaçant pas d’un poil sur un corps lorsqu’elle était soumise à une friction. Croisant les bras, un sourcil légèrement arqué d’ahurissement, Friedhelm voulait des réponses.
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Quand l'étranger entendit les paroles de Friedhelm, il réagit rapidement, et de manière étonnante.
D'abord, il posa rapidement son seau de peinture par terre, avant d'enlever sa capuche, dévoilant un visage marqué par le temps, mal rasé, il devait facilement avoir la soixantaine, ou vivait dans de mauvaises conditions. Il n'osa pas regarder l'allemand dans les yeux et préféra se mettre à genoux, devant Friedhelm, comme si il était en train de parler à un Dieu, il se soumettait véritablement, ou en avait l'air, du moins.

Il tendit les mains vers son interlocuteur, les paumes dirigées vers le ciel, on pouvait d'ailleurs enfin les discerner complètement, car les manches de sa tunique étaient alors tirées en arrière. De même, les mains étaient légèrement ridées, et il possédait une alliance modeste, est-ce que ce vieux fou était-il marié ?

Peu importe, il commençait à bafouiller, et dirigeait timidement son regard vers Friedhelm, on pouvait voir des yeux noisettes plein d'admiration, mais on pouvait également sentir un cœur empli de peur.

Il finit par trouver ses mots.

« Êtes-vous de la famille de Gordon ? Êtes-vous un Gourou vous aussi ? Je ne pensais pas qu'il y en avait d'autres… » Il reprit une partie de sa respiration, n'arrivant pas à se calmer, et continua d'une voix excitée.

« Montrez-moi, montrez-moi votre signe… Et aussi vos pouvoirs ! »

Il plongea enfin son regard dans celui de Friedhelm ; Les yeux grand ouverts, il faisait presque peur.
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Après avoir terminé de parler, la réaction de l’étrange personnage le fut tout autant que lui. Retirant d’abord sa capuche en posant son seau au sol, Friedhelm put constater un visage enlaidi par le temps. Au bas mot, il donnait entre 60 et 70 ans à ce vieillard qui, en forme olympique, avait tout de même réussi à escalader le mur. N’osant plonger son regard dans celui sévère de l’Allemand, le vieil homme plongea à genoux au sol, alors que ce premier ne pouvait retenir un haussement de sourcil prononcé du fait de l’originalité de la scène.

On eût dit qu’il se livrait entièrement à une divinité, craignant comme adorant sa magnificence. Il brandit alors ses mains vers le ciel, paumes en avant, et, attentif, Friedhelm découvrit sur lui une bague, ou une alliance. S’il avait été marié, le jeune homme aurait mis sa main à couper qu’il ne l’était plus à présent. Il commença à tenter de prendre la parole, ne parvenant pas à trouver ses mots dans un premier temps, et osa enfin plonger son regard noisette dans celui de l’émigré. L’admiration qui s’en dégageait contrastait parfaitement avec la peur dont son cœur semblait empli. Friedhelm était là véritablement face à un aliéné qui aurait vu au détour de prières un être supérieur lui répondre.

    « Êtes-vous de la famille de Gordon ? Êtes-vous un Gourou vous aussi ? Je ne pensais pas qu'il y en avait d'autres… »

Que pouvait-il bien baragouiner ? Qui pouvait bien être ce Gordon, sensiblement gourou dans la ville au vu de la question succédant à la première ? Cela voulait-il dire que cette marque était le symbole d’une secte ? Et même le symbole du chef d’une secte ? Cela le surprit, car il ne connaissait pour l’heure pas du tout Arkham, et voilà qu’on l’avait marqué. Si tel était le cas, et que ce symbole faisait partie des obscures arcanes d’une secte, alors elle ne voulait pas nécessairement dire que celui qui la portait en était le Gourou. Non, ce ne pouvait pas être ça, mais ce Gordon était lui aussi marqué.

    « Montrez-moi, montrez-moi votre signe… Et aussi vos pouvoirs ! »

Le dérangé voulait à présent que Friedhelm ôte sa chemise pour apercevoir la marque. Il ne s’arrêta pas là et demanda également à l’Allemand de lui montrer l’étendue de ses pouvoirs. C’est à ce moment précis qu’il fut persuadé que le vieillard était fou, qu’il n’avait plus toute sa tête. La magie n’existait pas, et faire montre de croyance vis-à-vis de ces foutaises témoignait d’une dégradation mentale. Son comportement acheva de forger l’avis que Friedhelm était en train de constituer de lui. Il était terrifiant, là, à genoux dans l’herbe humide, les yeux écarquillés subitement plongés plus encore dans les siens. Il fut alors pris au dépourvu, et hésita quelques instants, même s’il avait souhaité à cet instant se montrer ferme et direct pour espérer effrayer et tirer plus de choses de ce type louche.

    « Ecoutez, je… Qui est ce Gordon ? Je viens tout juste d’arriver à Arkham, je ne connais rien de cet endroit ni personne. »

Il s’arrêta un bref instant, se surprenant à parler de choses rationnelles avec un homme qui semblait faire fi totalement de la raison. En même temps, que pouvait-il dire d’autre ?

    « Je n’ai pas à vous montrer cette marque. Je vous dis que j’ai exactement ce que vous avez peint sur ce mur sur ma poitrine gauche. Et que signifie-t-elle ? Répondez-moi cette fois-ci. »

Il ne demanda pas s’il avait été l’auteur de celle-ci sur son corps, puisqu’il était trop étonné, comme s’il découvrait qu’il en avait une. Friedhelm éluda également la question des pouvoirs, préférant ne pas y répondre et ainsi ne pas lui opposer un non qui aurait pu l’irriter. En n’en faisant pas mention, il détournait habilement le sujet et espérait qu’il ne reviendrait pas dessus. Estimant les issues possibles de cette conversation, il ne vit rien de concluant, et était persuadé qu’elle se terminerait en un départ précipité du vieillard, affairé par quelques folies nouvelles. Le but était alors de gagner du temps pour en apprendre le plus possible sur son état, ce Gordon et cette marque sibylline.
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Pendant la discussion, il se calma un peu, bien qu'il paraissait toujours aliéné, et articula alors d'une manière plus audible.

« Cette… Cette marque est la puissance de Gordon Williams… Celui que l'on appelle le Gourou. Il s'est réveillé la nuit dernière avec ce signe jaune sur le corps, et depuis, il a un don. C'est l'élu de Dieu, il peut guérir et bénir. Il peut sauver des vies, la donner, les embellir. Il m'a redonné ma forme d'antan alors que j'étais voué à mourir de ma maladie d'ici quelques jours. Mais vous… Vous n'avez donc aucun pouvoir ? Vous ne savez rien de cela ? Peut-être vous a-t-il touché… Je ne sais pas… Je ne sais pas... »

Il recommençait un peu à paniquer, ses membres étaient tremblants, il ne savait plus trop comment agir, plus trop à qui il avait à faire et devait-il toujours se soumettre à cet individu ?
Il se redressa lentement, scrutant les réactions et les agissements de Friedhelm, prêt à se remettre à genoux à tout moment ou à partir en courant.

Il plongea alors sa main dans son gros sac, à portée de bras, ce qui fit faire un pas de recul, voire même plusieurs, à l'allemand, il pouvait sortir une arme… Mais il sortait des petits morceaux de papiers, à la manière de flyers ou d'une carte, il en jeta un brusquement aux pieds de son compagnon de dialogue.

Tombé sur le bon côté, on pouvait déjà lire, bien que certains détails échappaient :

GORDON WILLIAMS.
LE GOUROU.
VENEZ VOUS GUERIR DE N'IMPORTE QUEL MAUX EN UN INSTANT.
PRIEZ LE GOUROU.


On pouvait également deviner une adresse, et une petite illustration du signe jaune, en haut à droite de la carte.
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Suite aux propos de Friedhelm, le vieillard sembla recouvrer une attitude normale. Articulant pour la première fois convenablement, il se calma et fut enfin audible lorsqu’il délivra ses informations au jeune Allemand.

    « Cette… Cette marque est la puissance de Gordon Williams… Celui que l'on appelle le Gourou. Il s'est réveillé la nuit dernière avec ce signe jaune sur le corps, et depuis, il a un don. C'est l'élu de Dieu, il peut guérir et bénir. Il peut sauver des vies, la donner, les embellir. Il m'a redonné ma forme d'antan alors que j'étais voué à mourir de ma maladie d'ici quelques jours. Mais vous… Vous n'avez donc aucun pouvoir ? Vous ne savez rien de cela ? Peut-être vous a-t-il touché… Je ne sais pas… Je ne sais pas... »

Alors l’émigré se dit qu’il n’était absolument pas redevenu normal. Cet être était un véritable illuminé qui commençait à véritablement croire qu’un pauvre hère avait la capacité de soigner, guérir, sauver voire donner la vie. Tout au long de l’histoire, des personnes s’inventaient des pouvoirs magiques, et si cela pouvait parfois fonctionner aux yeux des plus crédules – je parle ici de leur supercherie, naturellement –, elles avaient du mal à atteindre les hommes un tant soit peu rationnel. Un élu de Dieu, proférait-il, avant qu’il recommençât à paniquer.

Se relevant lentement, les yeux rivés sur Friedhelm, il sembla alors prêt à n’importe quelle réaction, si bien que lorsqu’il plongea sa main dans son gros sac qu’il avait lâché à proximité de lui, reculant par la même occasion de quelques pas inquiétants, l’Allemand crut qu’il allait sortir un revolver. Son sang se glaça tandis que l’attitude du vieillard était de plus en plus équivoque, jusqu’à ce qu’il sortît des petits morceaux de papiers qui vinrent tomber dans l’herbe humide de l’arrière-cour. Il envoya alors au sol une carte, qui, s’affaissant du bon côté, lui fut lisible.

    GORDON WILLIAMS.LE GOUROU.VENEZ VOUS GUERIR DE N’IMPORTE QUEL MAUX EN UN INSTANT.PRIEZ LE GOUROU.

Au-delà le faute d’orthographe apparente, Friedhelm n’accorda aucun crédit à ce qu’il devinait être la carte de visite de ce fameux Gordon Williams, à qui il rendrait de toute évidence visite pour qu’il lui retirât la marque. Se baissant lentement pour ramasser la carte, il devina une adresse mais ne prit pas le temps de la lire, s’emparant de cette dernière pour la glisser dans la poche de son pantalon. Il se releva tout aussi lentement, observant le vieillard dérangé, et, comme pour lui paraître moins rustre et plus apte à le comprendre, répondit en entrant dans son jeu.

    « Je ne sais pas si j’ai des pouvoirs. J’irai voir cet homme, ce Gordon, qui peut-être m’aidera et saura apporter des réponses à mes questions. »

Une chose était sûre, il n’était pas le seul, à Arkham, à avoir été marqué. Mais ce qui le surprit fut que Gordon Williams fut lui aussi, d’après les dires du vieillard, touché subitement, « comme par magie », même s’il refusait de croire en cette explication. Tentant de garder au mieux son calme, malgré le froid et l’absurdité de la rencontre, Friedhelm attendit une quelconque réaction du vieil homme, héraut de ce Gordon.
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Le vieil homme fixait Friedhelm, puis afficha un large sourire sur son visage.

« Parfait, allez voir Gordon, vous ne serez pas déçu, et vous serez accueilli comme tout les autres disciples : chaleureusement et bercé par le don du Gourou. » dit-il en ramassant ses possessions.

Il rangea tout dans son lourd sac, avant de le mettre sur le dos, et de s'apprêter à partir, si l'allemand ne le retenait pas. Il était mitigé entre plusieurs sentiments, ne sachant pas si il devait compter son interlocuteur comme un Dieu ou un simple mortel.

Il se décala alors, de quelques pas, vers la petite ruelle qui menait vers d'autres immeubles, tout en observant Friedhelm, et partit ensuite, d'une foulée correcte, pressé, sans dire un mot.


( Ton introduction est terminée, tu peux la clore avec un dernier message si tu le souhaites, ou la rallonger si tu avais une action importante à faire dans l'immédiat inRP. Tu peux désormais créer un RP solo qui sera encadré par un MJ, ou un RP de groupe en suivant les instructions ici. Sans oublier que pour le moment, tu ne peux jouer que des scènes qui se déroulent du 12 octobre au 26 octobre 1957 comme noté dans la chronologie. Si tu as des questions, n'hésite pas ! )
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Friedhelm avait bien fait de jouer le jeu de vieillard. Ce dernier ne put s’empêcher d’esquisser un sourire avant d’encourager l’Allemand à mettre en action ce qu’il avait dit, c’est-à-dire de rencontrer Gordon Williams, lui affirmant qu’il ne serait en rien déçu, accompagné par les pouvoirs de cet étrange gourou.

Après avoir assemblé ses biens, et les avoir rangés dans son gros sac en toile, il hésita un instant avant de reprendre la route, empruntant une rue sombre et étroite permettant de rejoindre d’autres bâtiments, sans quitter Friedhelm du regard avant d’accélérer le pas, comme s’il avait d’autres exactions à mener dans la ville d’Arkham.

Le froid fut trop mordant pour l’émigré qui ne tarda pas à retourner dans l’hôtel par la fenêtre où il était sorti. Personne n’était encore entré dans le réfectoire où il pouvait se servir le petit-déjeuner, aussi se resservit-il sans gêne de ce café infecte qui avait le mérite de pouvoir réveiller un mort tant il était chargé en caféine. Il en avait bien besoin, lui qui, tout juste arrivé, se retrouvait mêlé à des affaires de secte étranges auxquelles il n’avait pas du tout envie de prendre part. Un nouvel impératif venait d’envahir ses plans ; en plus de devoir régulariser sa situation sur le sol américain, trouver un appartement et mener à bien ses projets pour gagner de l’argent, Friedhelm devait à présent se renseigner sur cette marque, à moins qu’il ne décidât de contacter la police…

Reposant sa tasse de café sur la table, il glissa une main dans sa poche et en ressortit son paquet de Gauloises brunes, duquel il retira une cigarette qu’il porta à sa bouche et alluma en saisissant son briquet qui était resté à côté de sa cuiller le temps de l’échange avec le vieillard. Il expira lentement la fumée par le nez, délicatement, et se demanda dans quoi il avait embarqué.
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13/10/1957 - Friedhelm Heißmann - Désormais à Arkham. [Terminé]
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