Sous le signe jaune
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Clique ici pour la musique d'ambianceOu iciDéveloppement toujours en coursRoleplay [ON] !Samedi 12 octobre - 26 octobre 1957Partenariat ouvert
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#Le forum ouvre ses portes et le Staff termine le développement ! Bon jeu à tous !
#Merci à N-U pour l'aide apportée à l'esthétique du forum.
#Membres du Staff : Isaac, Lloyd
Contexte
Arkham.
Une ville mystérieuse s'il en est.
En tout cas c'est ce que vous diront nombre d'habitants du Massachusetts qui évitent la ville et ses alentours.
Cela vient peut-être du fait que les deux institutions les plus renommées de la ville soient son asile psychiatrique et l'Université Miskatonic, dont la réputation s'est faite sur la singularité des cursus d'études proposés, comme par exemple l'étude de l'influence des sciences occultes sur le monde.
Mais si vous demandez à un habitant, il vous répondra qu'Arkham est des plus normales, et que les racontards à l'origine des rumeurs qui ternissent son image ne sont que de simples jaloux.
Enfin, c'est-ce qu'ils auraient dit jusqu'à il y a quelques jours. En effet, depuis le lancement de la mission Spoutnik 1 le 4 octobre 1957, une étrange atmosphère règne sur la ville, mais pas seulement.
Vous vous réveillez en sueur, paniqué, durant la nuit du 12 octobre 1957, votre paisible sommeil interrompu par un terrible cauchemar.
Cependant, ce dernier n'était pas comme les autres, tout semblait si réel alors qu'il y avait créatures ailées, monstres sous-marin et démons venus d'outre-monde. Mais le plus terrifiant restait cette voix d'origine inconnue, qui résonnait et résonne encore dans votre tête, elle parlait de destin funeste aux sources incompréhensibles et de magie noire. Elle murmurait, chuchotait et susurrait à votre oreille avec un ton si malsain que chaque mot provoquait inquiétude et dégoût. Les paroles abstruses mettaient en évidence quelque chose bien en particulier, un signe, un don, une marque à la couleur de l'ambre et qui, de part son illumination dorée, était capable de vous donner des pouvoirs surnaturels et de changer le monde.
A votre réveil, vous espérez que tout cela n'était que pure imagination, mais la marque constituée de trois branches distinctes était bien là, sur votre corps. Comment ? Pourquoi ? Vous ne savez pas. Mais une chose est sûre, c'est que dans Fièvre Jaune, les mystères et danger de la ville créée par Lovecraft se dresseront sur votre route.
Êtes-vous prêts à vous plonger dans la sombre Arkham de 1957 ?
Evénements
24/10/1957 Cauchemar collectif.
Evénement intermédiaire, inscriptions jusqu'au 09/06/2016 à 12h00. Vivez la plus terrible des expériences dans vos rêves, à plusieurs. Pour plus d'informations, consultez la catégorie événements !
Fièvre Jaune
LE SIGNE EST SUR VOUS

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 12/10/1957 - Virgile Faustus - Disparition. [Terminé]

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Poussé par une raison encore inconnue, Virgile Faustus se coucha tôt durant la soirée du 11 octobre 1957, fatigué de sa journée et de ses péripéties lambda. Cependant, ce n'est pas pour autant qu'il eut un bon sommeil car, durant la nuit du 11 au 12 octobre 1957, le jeune homme de vingt-huit ans fut victime de terribles cauchemars.

Plus troublants que les mauvais rêves communs que pouvaient faire parfois Virgile, il se réveilla en sueur, paniqué et apeuré, aux alentours de 6h du matin, après avoir vu dans ses songes des créatures tentaculaires, difformes et étranges massacrer des hommes, femmes et enfants dont les cris résonnaient encore dans la tête du philosophe à son réveil.

Transpirant, Virgile était enfoncé dans son matelas pourtant dur, tétanisé pendant quelques instants avant de tourner la tête à droite et à gauche, pour inspecter sa chambre plongée dans l'obscurité. Bien que rien n'était à signaler, c'était bien un rêve traumatisant qu'il avait vécu là, il nota un détail particulier, reprenant peu à peu ses esprits.

Hier soir, avant de se coucher, il avait méticuleusement placé ses trois figurines couvertes de symboles cabalistes sur son bureau ; Parfois il s'amusait ou s'occupait à les inspecter dans les moindres détails ; Elles n'étaient plus là.

De son œil unique, Virgile avait l'assurance que les trois figures s'étaient volatilisées, bien qu'il devait y avoir un raison valable.

Alors qu'il commençait à se redresser, il remarqua un second phénomène étrange, il avait désormais une marque, le signe jaune, apposée sur son corps.


Dernière édition par Isaac Zachariasz le Jeu 9 Juin - 0:19, édité 1 fois
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Fils des nuits qui ne s’achèvent que chassées par un jour impatient de brûler la terre, Virgile était ennemi du sommeil, comme de la lune le soleil. Il immolait les nuits à son labeur, à son instruction de polymathe, à son oeuvre de philosophe ; il travaillait ainsi à son salut pour sa vie, comme les Chrétiens à celui pour leur mort par leur quête de gnose. C’était la clé de sa réussite, comme de sa damnation. Mais le soir du 11 octobre, alors qu’il avait passé une journée énergique qu’il achevait en contemplant ses vieilles figurines, il avait été happé jusque dans son lit par une fatigue inexplicable et qui ferma sur ses yeux des paupières de plomb, scellées comme le tombeau d’un mort. Sa peur de la mort l’avait dissuadé de dormir ; dormir, c’est mourir. Quelqu’un peut être contre votre flanc sans que vous le sentiez jusqu’à ce que son poignard se fraye un chemin entre deux côtes. À peine le temps de s’éveiller, c’est déjà fini. La mort ne laisse pas le temps à ses victimes de la voir, mais elle leur laisse tout le temps de la vie pour l’imaginer, c’est une putain qui fait miroiter son ombre sans jamais donner sa chair.

Cette nuit, moins que toutes les précédentes, il aurait préféré ne pas dormir. Peut-être que l’avenir lui rendra le souvenir de cette nuit plus doucereux. Alors qu’il était étendu sur son lit, l’éclairage urbain commençait à détacher son lustre de l’obscurité de la pièce quand ses contours se noyèrent à nouveau dans ses paupières à demi-closes. Quand il les ferma, les bras de candélabre de son lustre se métamorphosèrent en tentacules qui prirent des proportions gargantuesques et l’engloutirent. Des formes inénarrables dansaient la farandole autour du monde qui n’était plus qu’un charnier. C’était des mollusques, putain ! Et nos villes leur festin. C’était comme si nos ancêtres oubliés étaient sortis des abysses pour se rappeler à nous, en nous punissant pour les voies si contraires aux leurs que nos civilisations, prétendument si policées, avaient empruntées. Ou c’était le jugement dernier. S’il avait été éveillé, et qu’il avait cru en un dieu, il se serait imaginé prophète. Jean ne se sut-il pas saint d’avoir entrevu l’Apocalypse ?

Le songe, qui s’était prolongé presque jusqu’à l’aube, en dépit de son coeur affolé qui eût éclaté dans sa poitrine plutôt que de le réveiller avant cela en sursaut, ne s’acheva qu’en se prolongeant dans la veille. Il entendait, encore imprégné d’un royaume auquel il venait seulement de s’échapper, l’écho de la souffrance des proies de son rêve. C’avait été si réel… Non, putain, c’était réel ! Il les entendait vraiment encore, c’était dans sa tête, bordel ! Bien qu’il voulût s’animer, pour d’un hurlement déchirer le voile du rêve qui le maintenant dans un délire éveillé, il ne put ni bouger, ni crier. Ses hallucinations habituelles ne lui venaient qu’aux heures avancées de la nuit, et elles n’avaient jamais été qu’abstraites. Son oeil se souvenait de cette nuit… Mais ce matin invita la terreur hors des frontières de l’étrange, jusque dans son quotidien normal, bien normal, où rien ne dépasse des ornières de la normalité, dans le matin, le matin blanc sur lequel tout s’écrit, tout se dévoile, le matin blanc et ses heures étrangères au doute.

Retrouvant son corps où il s’était senti pétrifié, comme une âme prisonnière de sa momie, il balaya sa chambre du regard et vit aussitôt, dans la pénombre d’octobre, son bureau vide. Il regarda autour de lui et se frotta les yeux, poussant comme une immondice ses draps, ces draps qui avaient été le cocon de ces horreurs nocturnes, loin de son corps en sueur, si collant qu’il aurait voulu quitter sa peau ; mais il était bien éveillé et ses figurines ne reparurent pas sur son bureau entre deux battements de cils. Alors pris d’une panique nouvelle, il se précipita hors de son lit, mais sitôt qu’il eut mis un pied à terre, il vit, face à lui, un homme qui le regardait dans la glace. Il avait une marque à la cuisse, qui plongeait jusqu’à son aine. Il se pencha et vit la marque sur sa peau. Cet homme, c’était lui. Il inspecta la marque, et humecta un mouchoir avec la bouteille d’eau sur sa table de chevet. Il frotta, mais elle resta. Il gratta convulsivement, mais elle resta. Il se frotta les yeux, encore, mais elle resta. Encore. Cela ne lui semblait à première vue même pas inscrit sous la peau comme un tatouage. Une autre hallucination ? Non, ce n’était pas comme ça, les hallucinations, on dirait que c’est imprimé sur la vue comme sur un écran les hallucinations, comme l’image projetée au cinéma, enfin les hallucinations ce n’est pas si réel, ça ne reste pas comme ça, et puis le matin, non, enfin, bon sang…

Il se rua vers son bureau, ouvrit son tiroir et chercha si les instantanés qu’il avait pris de ses figurines avec son Polaroid 95 avaient aussi disparu. Il fouilla ensuite les salles à la recherche de ses figurines, et chercha des traces d’effraction, ou si l'on avait volé d'autres oeuvres qu'il collectionnait par facétie, des oeuvres d'art contemporain qui eussent si peu déconcerté au regard de ces figurines mystérieuses. L’avait-on drogué pour le voler ? Ce signe était-il celui d’un gang qui le mettait en garde, et l’avertissait qu’il l’avait à l’oeil ? Non, ses statuettes… Il fallait bien qu’elles soient quelque part… Cela, et cette marque, et ce rêve. En une nuit. Quelle était cette énigme, et quelle Sphynge avait fait de lui son Œdipe ?
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Virgile se dépêcha d'ouvrir le tiroir de son bureau pour en sortir ses chères instantanées et il les trouva. Elles, elle étaient toujours là. L'homme d'affaires pouvait toujours admirer les figurines en photographie, mais il devait d'abord vérifier si elles n'avaient pas été mystérieusement déplacées ailleurs.

Il traversa alors les pièces, une par une, les éclairant plus ou moins brièvement pour ne pas être totalement plongé dans l'obscurité lors de ses recherches. Il sentait à la fois un sentiment de panique - en plus du trouble restant du cauchemar – car son enquête s'avérait vaine, mais également un peu de soulagement car aucune autre de ses œuvres n'avaient disparues, pourtant certaines valaient bien plus que ces fichues statuettes maudites.

Il revoyait alors dans sa tête les figurines ; Au nombre de trois, elles étaient presque identiques, à quelques détails près. Toutes symbolisaient un individu, vêtu d'une robe, sans faciès, avec des tentacules à la place des avant-bras. Les tuniques étaient recouvertes de ces marques cabalistes, des signes occultes, et absolument étrangers. La première figurine portait une couronne (bien qu'elle n'avait toujours pas de visage ), c'est là que l'on pouvait les différencier, car la seconde avait un diadème et la troisième aucun couvre-chef.

Virgile fut extirpé de ses pensées quand il remarqua un phénomène flagrant dans son salon. La plus imposante des fenêtres était grande ouverte, les rideaux aspirés vers l'extérieur par l'air particulièrement frais en ce début de matinée. Virgile s'assurait pourtant toujours de la fermeture des portes et des fenêtres avant d'aller se coucher.

Il fut comme pris par un sentiment d'impuissance, lui, tout petit, face à ce passage vers l'extérieur plus grand que lui, qui avait pu servir d'entrée, de sortie, voire les deux, pour le voleur aux intentions étranges, à moins que Virgile avait perdu la raison la nuit dernière ?
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Un courant d’air sifflait dans les couloirs du manoir ; c’était Virgile et son souffle haletant. En quête de son trésor perdu, il examinait chaque pièce avec hâte, l’écume à la lèvre si l’infernale torpeur de cette nuit n’avait pas asséché sa bouche, ainsi qu’un chien qui traque son gibier, ou qu’un évadé qui court sans se retourner. Tout torturé qu’il fût, quoiqu’il crût ne pas l’être plus qu’aucun autre, chacun usant des moyens qu’il peut pour dissimuler aux autres les démons qui l’assaillent, Virgile ne paniquait jamais. Son esprit ordonné s’appliquait à trouver les sources rationnelles de la rupture du réel. Mais il avait la certitude de n’avoir pas égaré ses statuettes, et ses recherches inanes l’en persuadaient davantage. Il les cherchait partout en se les figurant, ne voyant plus qu’elles dans son regard vide, fichues par sa pensée partout sur les murs comme un remords ; un sentiment de persécution, d’une faute qui exige la justice, la sombre marée de la vengeance noyait son regard vague…

Divaguant jusqu’aux remembrances de ces joyaux dérobés, il fut recraché dans ce fil d’événements par une forme qui s’imprima sur le fond de sa rétine. Son visage, rendu à son impavide aura de majesté par des pensées qui l’avaient séparé de son corps, retrouva forme et expression humaines quand il s’aperçut que la fenêtre de son salon était grande ouverte. Elle le plongea dans un malaise. Attiré par elle ainsi qu’à la pointe d’une falaise, il s’approcha lentement de cet abîme horizontal. Chez lui, quelqu’un… Par la fenêtre. Comment ? De l’intérieur ? L’ouvrir comme ça… Non. Impossible… Fermée. Il l’avait fermée. La canaille n’avait ni le désir ni la patience pour la subtilité, et elle ne se serait pas embarrassée de le marquer au risque d’être découverte. Elle ne se serait pas intéressée non plus à ces objets qui n’avaient de valeur qu’à ses yeux ; et à ceux d’autres personnes de la ville manifestement. Ses figurines l’avaient traîné jusque dans ces lieues fangeuses où les ignares s’acoquinaient avec des savants illuminés, leur disparition ne l’en chasserait pas. Son orgueil avait trop sacrifié à la compagnie de cette ville écoeurante pour que sa résolution cède à la première injure. Ses esprits retrouvés, il hésita, à mi-chemin de la fenêtre.

« Il y a quelqu’un ?! »

Il sonda l’intérieur de la pièce, entre les ombres monstrueuses de ses sculptures que les lumières rivales de la rue et de la pièce tordaient en des agencements de formes qu’aucune géométrie ne peut représenter. Derechef, il douta d’être insane. N’ayant aucune arme sous la main, il saisit ce qui eût pu être une oeuvre de César, prêt à décerveler le premier laquais des Érinyes qui surgirait des ténèbres pour l’accabler. Les os blancs de ses phalanges se fussent échappés s'ils n’étaient si savamment contenus dans ses mains, bien closes autour de sa massue de fortune. Des serpents, ou la longue chevelure de sirènes des vents, coulaient vers l’extérieur ; ses rideaux flottaient et l’attiraient comme un lange prêt à l’envelopper pour le faire renaître d’un saut par sa fenêtre où quelqu’un avait pénétré chez lui ; cette fascination vers le vide, mais aussi la crainte de ce qu’il découvrirait de l’autre coté de cette fenêtre, dans cette rue que cette intrusion lui avait rendue étrangère, mêlée à la déception de ne rien découvrir peut-être, le convainquit plus avant d’une démence dont il balaya la possibilité d’un revers de main. Trop d’éléments concordaient rationnellement à prouver qu’il n’était pas fou pour que ce pût être une comédie de son esprit dont il était le dupe. Sa fatigue inexplicable la veille, cette marque qu’il n’avait pu faire seul, la disparition de ces figurines de si peu de prix, et dans cette ville, et la nuit, et après les derniers événements qu’il avait lus dans l’Advertiser

Il s’approcha de la fenêtre et, une main tenant son fléau herculéen, l’autre le bord du parapet, il se pencha à la fenêtre et scruta l’extérieur, de la rue aux murs de sa demeure, ses épaules ankylosées par une angoisse dont la conscience lui échappait, un roc dur dans la poitrine, le souffle éteint dans l’attente.
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Quand il demanda si il y avait quelqu'un d'autre présent dans son manoir, ou du moins dans son salon, personne ne répondit, de toute évidence. Aucun bruit ne trahissait la présence d'un autre individu proche de Virgile et il comprit cela très vit, mais ne se « désarma » pas pour autant.

Après cela il s'approcha de la fenêtre ouverte, se pencha au-dessus de cette dernière pour scruter le moindre signe, le moindre détail intéressant. Gêné par les rideaux qui s'affolaient légèrement à sa droite et à sa gauche, il était néanmoins aidé des quelques lueurs provenant de la rue, et du reste de la ville d'Arkham.

Le soleil n'était pas encore levé, et l'ambiance était alors assez pesante pour le protagoniste qui ne comprenait pas trop la logique des événements. En bas, il n'y avait aucun signe d'intrusion, ni même d'un simple passage.

Il fut très vite persuadé qu'il n'allait rien trouvé mais fut également surpris par un froid terrible qui venait de s'installer sur Arkham dès ce matin, alors que hier la température était encore douce.
Déçu et glacé, il fit un mouvement brusque de recul et ferma dans un claquement la fenêtre.

L'ambiance se calma, tout comme les rideaux, et il se retourna à nouveau, face à l'obscurité de la pièce qui le narguait.

Il resta un instant immobile, figé dans la même position, et ressentit un étrange manque vis à vis de ces figurines, comme si il avait développé un attachement affectif quand il les avait, sans trop s'en apercevoir, jusqu'à maintenant. Il avait à la fois envie de tomber à genoux en pleurs, crier de rage, ou mettre tout en œuvre pour régler cette affaire de disparition.
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De rage et d’incompréhension, Virgile ferma violemment la fenêtre qu’un destin contrariant avait ouverte. Il se sentait dans son cadre comme au milieu d’un tableau moqueur dont il était l’objet ridicule. Inerte dans son salon, enraciné dans l’instant comme si le temps se fût arrêté pour contempler ses pensées qu’il n’écoutait plus, il n’était plus qu’une chrysalide abandonnée de sa larve, déchirée par la merveille autour de laquelle elle s’était tissée en écrin. Il n’était plus qu’un sentiment sans pensée, un pur sentiment de déréliction, pris de solitude jusque dans son corps qui ne sentait plus rien que les restes de frimas que dissipaient les murs clos du salon. En proie au doute dans l’obscurité de la pièce, son rêve lui revînt sans qu’il le convoquât à son présent, et sa marque qu’il pouvait sentir sur sa cuisse, ainsi qu’un homme persuadé d’être harcelé par quelque vermine surgie d’un pli de son imagination sent vraiment la bestiole qui n’existe pas.

S’oubliant, il tendit la main vers la vitre, imaginant ses figurines au bout de ses doigts. C’est l’absence qui fait découvrir l’amour. Il ne les adorait pas comme les peuples antiques leurs idoles, pas comme les nervis de quelque foi déviée par des avides dont la soif n’est jamais ; il ne leur était pas aliéné comme un vampire au sang ; il en était le maître jaloux ainsi que les dieux l’étaient de leur savoir, comme le panthéon grec de son feu, comme le seigneur des chrétiens de son arbre, comme d’un homme qui a vendu son âme au diable pour qu’il lui cède la connaissance avec laquelle il espère le tromper. L’aubier de ces figurines celait un savoir que leur enveloppe lui interdisait et, quoiqu’il en eût encore des photographies pour les admirer, il ne s’intéressait plus à leur carapace mais voulait percer jusqu’à leur coeur le plus intime. Quelque scélérat ou grand monarque qui célébrât le butin de sa maraude, la perspective qu’un autre, quel qu’il fût, pût en savoir davantage sur ces figurines, l’exécrait.

Enivré de colère, Virgile chut sur une chaise, près de la fenêtre, songeant à ce qu’il pouvait seulement faire pour retrouver les disparues d’Arkham. D’une profonde inspiration, il calma l’ardeur exaltée où le mettait ses neufs et funestes desseins. Il ne fallait pas troquer sa finesse contre la grossièreté dans la précipitation, et tout perdre à vouloir tout prendre. Il devait trouver pour sa vengeance un calcul qui porte ses fruits à maturité sans qu’aucun ver puisse les souiller. Il tourna son oeil sépulcral, où la cruauté s’insinuait dans sa pupille, ceinte d’un iris brillant d’intelligence, plus courroucé que celui d’Abel qui, du tréfonds du monde au minuit de la lune, pose son accusation sur le front de son frère criminel, vers le téléphone sur la commode qui jouxtait la fenêtre. C’était une grosse machinerie qu’on eût cru conçue pour mettre à la question. Fallait-il qu’il appelle la police …?

Il se sentit seul. La richesse ne conquiert que des ennemis. Si seulement il avait un homme de confiance… Il pouvait se montrer au théâtre et dans toutes les réceptions qu’il voulait, enrichir son carnet des noms et des adresses les plus fameux, il n’y avait personne à qui il pût confier une faiblesse de laquelle il ne pût craindre qu’un ami attentif en fît une arme d’adversaire. Dans les reins de tout ange s’agite la tentation rebelle. Pour n’être jamais parjure, mieux vaut encore ne jamais faire allégeance à personne, et s’il est, las ! trop tard pour ne pas s’engager, alors il faut veiller à rompre le premier le pacte qui nous lie aux autres avant d’être frappé dans le dos. Virgile se rappela ces mots de Nietzsche : Dieu aussi a son enfer, c’est son amour des hommes. C’est par excès de compassion qu’il mourut ; à cause de l’homme déicide, qui n’en eut pas assez pour lui pour lui épargner d’en avoir. Quel homme peut croire qu’il est au-delà du divin, qui lui-même ne peut avoir confiance en aucun homme ? Mais si l’excès de confiance tua dieu, dans son défaut périt l’homme… Au lieu d’un confident, si seulement du moins Virgile avait quelque frère conjuré… Il commencerait par se procurer une arme, qui serait son alliée avant d'en trouver d'autres par lesquels il serait sûr de n'être pas trompé. On ne survit pas en société seul ; une étoile s'évanouit dans le vide si elle luit sans galaxie, sa faible volonté éclipsée par la puissante union des constellations.

Mais il n’avait personne, et un chapardeur, quoique son obsession pour les reliques mystiques fût sa seule caractéristique connue, rôdait dans la ville.

Il se rendit dans sa salle de bain, pensant qu’une douche l’aiderait à fixer ses idées, et à clarifier la décision qu’il allait prendre. Il ouvrit sa paupière droite qu’il n’avait pas bandée, et observa la béance qu’elle cachait. Il s’enfonça de son oeil unique dans ce vide. Sous la douche, il regarda à nouveau son symbole, et s’en imprégna visuellement, comme l’esprit d’un mantra dans une litanie silencieuse, pour exorciser tout le trouble que ce signe intrigant avait amené avec lui dans sa vie en cet automne naissant. Quand il se fut habillé, chemise d’un blanc immaculé, ses poignets cernés par des boutons de manchettes d’un argent finement ciselé, le costume, enfin, vêtu, et son bandeau pour masquer sa monstruosité, il retourna près du combiné qu’il saisit. Résolu.

« Allô ? »

C'était la police. Un individu s’était infiltré. Oui, cette nuit. Virgile Faustus. Il avait dérobé trois statuettes, assez vieilles, de valeur. Un maniaque. Il savait ce qu’il voulait. Bien sûr qu’il savait ce qu’il voulait, il y avait bien plus d’objets d’une valeur pécuniaire et esthétique plus grande. Ils n’avaient rien cassé. Non, ils n’avaient pas laissé de trace, pas à ce qu’il sache en tout cas, voulaient-ils venir constater ? Ce serait plus commode. Il avait des photographies des statuettes à leur fournir pour leurs recherches s’ils en avaient besoin. Et ils en auraient besoin, parce qu’il voulait qu’on lui remette ces statuettes. Il était prêt à financer l’enquête. Non, rien d’autre à signaler. Bien sûr, rien d’autre.

En parlant au téléphone, il dessinait, sans y penser, la spirale qui était née ce matin sur sa peau d’albâtre sur un carnet, à côté des photographies de ses biens dérobés.
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Virgile Faustus avait appelé la police, qui avait mis un long moment à répondre. Après avoir déclaré la nature de l'incident, les autorités assurèrent qu'ils allaient envoyer deux policiers faire un constat de la scène de ce pas. Il raccrocha ensuite, et baissa les yeux vers le croquis qu'il venait de réaliser machinalement sur son carnet, avant de hausser un sourcil et de le garder, il était plutôt bien réussi, comme si il connaissait déjà cette marque par cœur, dans ses moindres détails.

Il s'assit alors, avec plus ou moins de patience, attendant la police, les photographies de ses figurines proches de lui. De longues minutes passèrent avant que quelqu'un ne frappe à sa porte, trois fois, pas une de plus, pas une de moins, tout en criant : « C'est la police ! On vient suite à l'appel ! »

Virgile se leva rapidement, les quelques minutes avaient paru une éternité, et vint ouvrir la porte principale de son domicile. Il vit alors deux policiers, en tenue usuelle, matraque et revolver de service compris qui saluèrent brièvement l'homme d'affaires avant d'entrer et de se rendre, d'un pas pressé, vers le lieu d'intérêt.

Alors qu'un écoutait l'homme réexpliquer l'histoire, avec attention, et noter ce qu'il semblait important sur un carnet, l'autre ouvrit la fenêtre, la fameuse, pour réaliser ce qu'avait déjà méticuleusement fait Virgile il y a peu de temps : vérifier la présence d'une trace ou d'un indice.

Après avoir tout noté, le premier abaissa son carnet qui cachait une partie de son visage et, l'air désolé, il s'adressa à Virgile.

« C'est compliqué, votre histoire… On a l'habitude, à Arkham, mais une disparition de vieilles figurines, sans le moindre indice… Je vais pas vous mentir, votre dossier ne sera pas prioritaire.
Cependant, ce qu'on peut faire, c'est que je peux vous rediriger vers des détectives privés si vous y tenez tant que ça, il faudra juste être assez bon pour convaincre de genre de gars à se lancer dans ce genre d'affaires, mais avec de l'argent, on peut tout faire.
 » Il rigola un moment, avant de conclure.

« A vous de voir, Monsieur Faustus. »
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Trois coups théâtraux retentirent. La pièce pouvait commençait. Il ouvrit les portes, comme on lève le rideau, sur une scène - de crime ; de lèse-majesté - sur deux hommes dans leurs armures modernes, sans mailles ni glaive, tout de tissu fade et d’armes veules. Il les jaugea de son orbite, déterminé à en découdre après sa longue attente. Il lui avait semblé qu’ils avaient mis plus de temps que ne dure l’enfer pour les damnés du sang le plus impie. Il avait eu le temps de tourner en rond dans l’éternité, et de voir dans le sablier du temps couler par deux fois sa vie. Était-ce le ravissement inédit, mais ambigu, d’une aventure dont le chaos qui l’engendra nous séduit par l’imprévu avec lequel il rompt le quotidien monotone ? Il aimait les étincelles du chaos pour les brasiers d'événements qu'elles allument. Fût-il maudit, il chérit en cet instant sa malédiction, certain enfin, au moment où le mortifère ennui de l’attente s’éteignait dans ces trois coups, d’avoir été mené au bon endroit par ses figurines. Il était prêt pour incarner son rôle.

Quand il vit les deux hommes sur le perron, et leur mine dégingandée, dans le froid où il aurait aimer les voir prendre les teintes bleuâtres d’une marine hollandaise que donne l’hiver dans les toundras désolées aux voyageurs égarés, il se ravisa dans ses conjectures sur son ennui, dont les conclusions ne perdirent néanmoins pas de leur éclat. Ravi d’être là, navré face à eux, il comprit que son attente avait sans doute été vraiment longue. Il ne put porter son oeil à l’horloge et son lourd pendule dans l’entrée sans qu’ils le vissent, aussi ne le fît-il pas. Ils avaient été aussi longs à venir chez lui qu’ils l’avaient été à répondre au téléphone. Sa mémoire d’enfance, rognée par le temps et la rouille du reniement, lui avait laissé le goût de la rigueur et de l’exigence allemandes dont il n’avait jamais trouvé la moindre réminiscence sur la terre de Whitman. Quoiqu’il s’en accommodât habituellement très bien, se sentant plus libre que sous le joug de feu son père, il en fut ce matin-là particulièrement marri, car il devina que leur lenteur était l’augure d’un échange stérile. Il ne devrait pas trop en attendre d’eux. Il regretta presque de les avoir appelés, et l’instant d’après ne regretta plus ; il savait que s’il ne fallait point trop en attendre d’eux, ils oublieraient alors sans doute très vite ses figurines, et leurs connaissances ne porteraient donc pas ombrage à son savoir jaloux. Ce n’était pas par caprice qu’il changeait si vite de position en pensée, mais par rigueur logique et idolâtrie de la raison, pour ne jamais changer de position en paroles et en actes.

Il enjoignit les policiers à entrer, et à constater. Viens, et vois. Un policier l’interrogea sur les faits, cependant que l’autre fouinait. S’il avait eu deux yeux, il les aurait eus, l’un sur son interlocuteur, l’autre sur le curieux, mais il n’en avait qu’un, alors il concentrait toute son attention sur celui qui l’interrogeait, avec une intensité qui ne laissait pas paraître que ses oreilles n’étaient ouvertes qu’aux rumeurs des recherches de l’autre, pour essayer de surveiller l’un sans se vendre à l’autre. Il ne manquait plus qu’il mette tout en désordre ! Une tasse de thé de Virgile fumait sur le bord d’un meuble. Il la reprit : l’agent parlait.

Il fut déçu par sa déclaration, mais pas surpris. Le rire benoît du bonhomme le consterna, mais il sourit poliment, l’air amusé par sa remarque.

« Je comprends parfaitement qu’un vol d’oeuvres d’art ne soit pas prioritaire… Surtout si vous dites avoir l’habitude de vols et d’autres forfaits, c’est que vous devez avoir déjà bien assez de travail. D’autant plus avec les événements récents, n’est-ce pas ? Ces histoires effrayantes, dans l’Advertiser, sur un infâme prédateur, ou une bête, qui déchire les chairs des citoyens dans les rues depuis quelques jours sans que personne puisse rien y faire, sont à prendre très au sérieux. On les dirait sorties d’une de ces fictions comme on en lit dans les revues interlopes… Nous avons besoin de tout le courage et de toute la dévotion des policiers pour nous protéger de ce mal qui rampe à couvert. »

Il laissa un moment de silence pour récupérer, d’un regard torve, l’acolyte de l’interrogateur dans son champ de vision, puis reprit son air cordial. Il reposa sa tasse et mit une main dans sa poche, se rappelant le papier où il avait dessiné le symbole et qu’il y avait glissé, satisfait de son oeuvre.

« Je vais vous débarrasser de cette besogne. Donnez-moi donc les coordonnées de l’un de ces détectives, le plus compétent, mais le moins vénal. Je ne veux pas que l’argent puisse le convaincre, je crois que je sais comment le persuader… »

Il sortit d’une poche de sa veste un carnet et un stylo qu’il tendit à l’agent, et du même geste rassembla les photographies de ses figurines qu’il voulait être sûr de conserver pour le détective.

« Si vous voulez bien m’excuser cette rudesse, il faudra après cela que je vous raccompagne, car des affaires importantes m’attendent qui n’avaient pas prévu d’être dérangées par cet incident, et qui ne sauraient l’être. Je resterai bien évidemment à votre entière disposition, si vous avez des éléments nouveaux, ou si je peux quoi que ce soit pour le progrès de l’enquête. »

Il voulait simplement se débarrasser d’eux pour traiter plus vite avec quelqu’un qui l’aiderait vraiment.
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«  Hé, je comprends bien Monsieur Faustus. »

L'agent acquiesça, prit le carnet et le stylo, avant de tourner la tête vers son collègue, l'air interrogateur.

«  Quel est le détective le mieux placé pour cette affaire, d'après toi, Daniel ? »

L'autre réfléchit un instant, grattant sa barbe inexistante, avant de répondre.

« Oublie Richard, il est déjà occupé avec l'histoire de la Bête… Il reste théoriquement Charles Lecoq ou Anna Deefor. Je ne sais pas lequel est le moins occupé actuellement, probablement Anna, mais elle est certainement moins compétente. » Daniel rigola, avec un air de machisme, avant de clore la conversation en remettant sa veste et en tournant les talons vers la porte d'entrée, déjà.

Le premier policier marqua donc deux adresses sur le carnet, celle du cabinet de Charles Lecoq et celle du cabinet de Anna Deefor, respectivement dans le quartier Sud-ouest et Nord-Est. C'était deux détectives connus, souvent relatés par la presse, et qui coopéraient souvent avec la police locale. Il rendit le carnet à son propriétaire, toutes les informations étaient notées.

« Voilà pour vous, Monsieur Faustus, vous n'aurez qu'à choisir celui qui vous conviendra le mieux, ou aller voir les deux, si vous n'avez que ça à faire. » Plaisantant, il esquissa un petit sourire avant de saluer Virgile, l'intention de repartir.

Ils furent raccompagnés par le philosophe jusqu'à la sortie, et avant d'être hors de vue, l'agent de police qui avait mené l'interrogatoire leva la main et annonça, sans même se retourner.

«  Ces détectives ont tout les deux leurs qualités et leurs défauts, mais vous devriez trouver votre bonheur, quant à nous, nous vous préviendrons si nous avons de nouvelles pistes. »






( Ton introduction est terminée, tu peux la clore avec un dernier message si tu le souhaites, ou la rallonger si tu avais une action importante à faire dans l'immédiat inRP. Tu peux désormais créer un RP solo qui sera encadré par un MJ, ou un RP de groupe en suivant les instructions ici. Sans oublier que pour le moment, tu ne peux jouer que des scènes qui se déroulent du 12 octobre au 26 octobre 1957 comme noté dans la chronologie. Si tu as des questions, n'hésite pas ! )
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12/10/1957 - Virgile Faustus - Disparition. [Terminé]
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